Diplômée, mais sans emploi : les débuts tourmentés de ma carrière professionnelle
- camillevidon
- Feb 28, 2023
- 3 min read
Updated: Mar 13, 2023
Peu en parle, mais beaucoup le ressentent ; être jeune diplômée engendre un certain nombre de difficultés non négligeables. CAF, Pôle Emploi et autres démarches administratives sonnent le début d’un chemin semé d’embûches pour débaucher un emploi. Suivez-moi dans cette longue course contre la montre, qui, aux premiers abords, semble interminable.

Brevet, Bac, Bachelor, Master…Toute notre vie, on nous mentionne ces diplômes, presque à répétition. Presque comme s’ils allaient forger notre vie, notre personne toute entière à l’avenir. Et c’est presque vrai. Presque, parce qu’on ne nous donne pas vraiment le choix. Mais surtout parce qu’il faut finalement le prendre nous-même.
Le début des recherches...
“Je m’appelle Camille Vidon, j’ai 23 ans. Trilingue Anglais, Allemand et Français, j’ai récemment été diplômée d’un master 2 en International Global Communications. Je suis actuellement à la recherche d’un premier emploi en tant que Content Manager ou Copywriter.”
Voilà un discours que désormais, je connais par cœur, à force de m’être entraînée, à force de l’avoir répété. Les semaines passent, les mois aussi. J’ai des entretiens, mais toujours aucun contrat d’embauche signé. Je cherche pourtant, me bats même. J’apprends et adapte des pitchs tout préparés, pour pouvoir plaire à mon interlocuteur. En vain.
Avec un peu de chance, j’ai un retour (!) - un mail m’informant que mon manque d’expérience, leur manque de budget, font mauvais mélange pour envisager un potentiel recrutement. Et au final, je me rassure en me disant que ce n’est pas plus mal, que la prochaine serait la bonne et que je finirais bien par trouver.
Pourtant, je n’aurais jamais cru, au commencement de mes études en 2017, que je serai, 5 ans plus tard, gratifiée d’un diplôme, mais sans emploi.
J’ai pourtant eu de belles expériences. Chaque année d’étude a été rythmée par un stage, avant de conclure avec une alternance lors de mon master 2. Elles ne manquent pas. Petites ou larges structures d’entreprises, j’ai eu la possibilité de toucher à différents secteurs d’activité, tous les plus instructifs et enrichissants les uns que les autres.
Et pourtant me voilà. 23 ans, promise à de grandes choses à la fin de mes études, mais je me retrouve sans rien. Je ne vais pas mentir, il y’a quelque chose d’humiliant de se retrouver dans cette situation aussi jeune. La première réaction, commune à tous, est la naïveté.
“Ooh, mais ça va aller, je postule à droite, à gauche, et je trouverais bien.”
Puis le mois passe, et Noël arrive, et il faut annoncer à sa famille que “non, toujours rien”, “oui, j’attends des retours” et “oui, il faut que je songe à trouver un petit job à mi-temps, histoire de mettre un peu de côté et de rendre ce ‘temps perdu’ utile”. C’est le plus humiliant. Voir de la gêne dans le regard d’autrui. Certains me diront que ce n’est qu’une illusion. Pourtant, la sensation est bien présente. Mais la personne la plus déçue dans la pièce reste la même ; c’est moi.
C’est moi que je déçois. C’est la petite fille de 10 ans, qui rêvait de se voir réussir de grandes choses. C’est l’adolescente de 18 ans, qui acheminait doucement le long voyage pour décrocher son diplôme. Et c’est la femme de 23 ans, fraîchement diplômée, pensant que ce ne serait qu’une petite phase de repos, avant de se jeter dans le grand bain. Et aujourd’hui il n’en est rien.
Je pense que c’est là où la tristesse s’installe. Cette monotonie laisse un arrière-goût amer, une remise en question et beaucoup de questionnements. Pourquoi mon profil n’intéresse pas ? Qu’ai-je fait de faux ?
Komorebi, ou la lueur d'espoir
Si j’en suis venue à écrire cet article sur mon blog, ce n’est pas pour me lamenter. Ce n’est pas non plus pour faire un résumé générique de toutes les mauvaises choses qui peuvent arriver dans la vie. Mais plutôt pour faire appel à toutes celles et ceux dans cette situation, souvent difficile à comprendre. Dégager un peu la voie, brouillée par les monticules de papiers administratifs et formulaires d’embauche à compléter.
J’ai toujours eu une affinité particulière pour les mots. La manière dont ils nous permettent de définir des sensations, souvent difficiles à exprimer. Lorsqu’au cours de mes études, j’ai pris la décision de m’engager dans un parcours rédactionnel, je savais que cette passion pour les mots me sauverait, certainement, à un certain moment.
Il existe un mot en japonais, komorebi. La lumière du soleil filtrant au travers des feuilles d’arbre. C’est un mot qui n’existe dans aucune autre langue. Seuls les Japonais ont su définir ce joli événement causé par la nature. C’est une bien charmante manière d’apprécier les petites choses de la vie. Et c’est comme ça que j’essaye désormais de vivre la mienne.
Même quand on a l’impression que tout va mal, que notre propre existence semble sombrer dans des méandres de négativité, il y’a quelque part un komorebi qui nous attend. Un joli moment qui nous fera sourire. Une lueur d’espoir.

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